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3. L’aphasie : une histoire vraie et une fable de ma composition

Bordeaux, le 19 avril 2010

19 avril 2010, un nouveau billet où je vous propose une histoire vraie et une fable de ma composition…

Il y a 9 ans, mon père a été victime d’une chute et, après une intervention délicate et plus d’un mois de coma, il s’est retrouvé physiquement diminué et atteint d’une aphasie dite de « Wernicke » : il s’agit d’un trouble étrange du langage qui empêche celui qui en est atteint de trouver les mots qui conviennent à ce qu’il veut exprimer et rend la communication avec les autres très difficile.

Je vois donc, depuis des années, mon père, autrefois enseignant, inspecteur pédagogique, auteur de romans policiers, conférencier talentueux et brillant causeur, se battre quotidiennement avec les mots sans toujours arriver à se faire comprendre, même de ma mère qui s’épuise pourtant avec un dévouement extraordinaire à l’aider dans sa lutte contre ce dérèglement du langage.

J’établis souvent un parallèle entre cette forme d’aphasie et la difficulté, qui, elle, n’a rien de pathologique, de certains d’entre nous à trouver les mots ou les phrases pour traduire par écrit ce qu’ils souhaitent exprimer : il n’est pas simple, quand on manque d’habitude ou de confiance en soi, de poser sur le papier les mots justes, pour les écrits de la vie quotidienne comme pour la rédaction de sa propre biographie. Cette constatation est pour moi une motivation professionnelle importante car l’écriture permet une communication qui laisse des traces durables et, parfois, indispensables. Mon métier d’écrivain public biographe me permet d’aider les autres à remédier à ce problème courant.

Mais je vous avais annoncé une petite fable : il s’agit d’un texte que j’ai écrit quelques mois après que mon père a chuté sur les marches de pierre d’un petit presbytère. L’écriture peut être un moyen de supporter les épreuves de la vie et il n’est pas interdit d’habiller la souffrance et l’émotion d’une pincée d’humour. A chacun sa façon de panser ses blessures…

Et maintenant, place à Tibère, le chat

Un mien ami avait pour compagnon un chat,
(J’appelle un chat, un chat)
Juste un chat de gouttière,
Répondant en miaulant au doux nom de Tibère
Qui, bien que bien nourri,
Pourchassait les souris,
Leur assénant la griffe avec beaucoup d’adresse.
Son poil luisant et doux attirait la caresse ;
Tibère à ronronner mettait si belle ardeur
Que j’ai parfois pensé qu’il avait un moteur…
En dépit que ce chat ne chassât pas de race,
Ses gestes délicats ne manquaient pas de grâce :
N’est pas félin qui veut !
Le maître et l’animal, fort joyeux tous les deux,
Jouaient à « chat perché », intermède ludique,
Et dans ces parties-là
C’est le maître parfois qui devenait le chat,
Imitant du matou le « miaou » drolatique.
Il est des jours maudits où le destin s’inverse :
Un samedi matin, notre minet traverse
La chaussée, insouciant du danger, à pas lents,
La démarche légère et le train nonchalant.
Arrive une voiture
Roulant à vive allure…
Sur l’asphalte le chat, presque mort, étendu
Et son sang répandu.
Ah ! malheureux Tibère,
Sauvé in extremis par les habiles soins
D’un bon vétérinaire
Qu’un fort heureux hasard amenait dans le coin.
Raccommodé au mieux, notre animal poilu
Du terrible accident ne se souvenait plus,
Pas plus que des longs mois de sa convalescence
Passés à l’hôpital où l’on vit chaque jour
Son maître exténué apporter son amour
Et mettre à le soigner méritoire constance,
Se dévouant pour lui, sans le moindre répit,
Amaigri, les cheveux par le souci blanchis.
Minet fut épargné par la grande faucheuse.
Il garda néanmoins une patte boiteuse,
Une panne curieuse à son ronronnement
Et quelques défections en son miaulement…
Ah ! Qu’il est humiliant pour un chat de gouttière
De se voir remplacé par une souricière !
Comme ce chat souffrait que sa boîte à « ronron »
Lui refusât le son,
En dépit des caresses
Prodiguées par son maître éperdu de tendresse !
Tibère, bien souvent, en proie au désespoir,
Détrempait le mouchoir,
Se croyant désormais tout à fait inutile,
Une charge, un fardeau, un vieux matou fossile…
Cependant mon ami me confiait fort ému :
« Vivre heureux sans mon chat, jamais je n’aurais pu !
Sa présence pour moi est un réel prodige.
Ah ! Comment consoler ce chagrin qui l’afflige ?
J’ai pour lui, tel qu’il est, la plus grande passion
Et lui garde toujours identique affection :
Que m’importe qu’il soit de Wernicke amiaulique,1
Que son pas ait perdu sa détente élastique,
Qu’il ne puisse aujourd’hui plus chasser les souris ?
Par Tibère toujours mon coeur est attendri. »
Ayant ouï du maître un si touchant discours,
J’imaginai sitôt le pouvoir de l’amour
En un semblable drame
Où le chat fût un homme et le maître une femme…
Si la vie te faisait trébucher, ô lecteur,
Sur des marches de pierre,
Au fond d’un presbytère,
Puisses-tu dans l’amour récolter du bonheur !

***
H. B.
1 Je rappelle que mon père est atteint d’une aphasie de Wernicke

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